Les femmes dans l’espace public

by dimanche, 16 décembre 2018 / Catégorie :Conférences

Les femmes dans l’espace public

ParticipantEs à la table ronde

Lors des JAU, nous avons abordé la thématique des femmes dans l’espace public en couplant un workshop avec une balade sonore (la suite du texte est écrite au féminin mais les hommes sont évidemment inclus) :

  • La balade sonore emmenait les festivalières à la découverte du quartier de Malley. Dans le casque qu’elles portaient, des voix racontent des souvenirs personnels ou des analyses sur les femmes dans l’espace public, le tout sur fond de musique d’ambiance : « You don’t own me », de Lesley Gore – écouter un extrait ici;

 

  • Le workshop s’est déroulé en deux temps : tout d’abord, les participantes ont parlé du quartier de Malley (et de leurs expériences dans ce quartier) en se focalisant sur les aspects positifs et négatifs. Puis, par petit groupe, elles ont fait des propositions pour améliorer les lieux identifiés comme problématiques. Durant tout le workshop, un facilitateur graphique (Sébastien Gerbier) a dessiné les propositions des participantes

 

Mindmap final

Aujourd’hui, la question des femmes dans l’espace public intéresse de plus en plus d’acteurs (cf. notamment conférence-débat des « Urbanités », le 10.12.2018 au F’ar de Lausanne sur le thème : Une ville virile ?).

Dessin rapport – Passage sous voies

 

Suite au workshop, Danica Hanz a rédigé un très beau texte qu’elle a affiché à différents endroits de Malley et que vous pouvez lire ci-dessous.

Des villes s’engagent toujours plus pour améliorer l’intégration des femmes en organisant par exemple des marches exploratoires.

Pour plus d’informations, voir :

 

 

Le Malley-ze

Par Ed Wige

 » Tu nous habites mais on a du mal à te saisir, Malley. Ecartelé entre trois communes, tu es parfois Prilly ou Renens, ou encore Lausanne, mais jamais les trois à la fois.

Nous, tes habitant-e-s, nous ne savons pas sur quel pied danser, toi qui nous fait tanguer au rythme des voitures, des trains, des bus, des constructions, de la Galicienne et des supporters du LHC. Ta musique industrielle, répétitive, qui ne s’arrête jamais, nous fait marcher.

C’est que tu es plein de surprises que les pouvoirs locaux peinent à dévoiler, Malley. Certains votent sur des objets lointains, d’autres – en première ligne – ne votent pas. Le découpage est le découpage… on ne plaisante pas ! Des terrains de foot qui disparaissent, des parcs qui apparaissent, des projets gigantesques qui transparaissent, au détour d’une ruelle ou d’une conversation.

Nous, tes résidant-e-s, sommes à ton image, Malley. Nous sommes beiges, jaunes, roses, amandes et tous les mélanges possibles de ces teintes. Nous sommes originaires de Suisse, d’Italie, du Portugal, d’ex-Yougoslavie, de France, d’Allemagne, d’Inde, de Chine, d’Erythrée, du Cameroun, du Congo, de Syrie, d’Afghanistan et de bien d’autres pays aussi. Nous sommes établi-e-s depuis des années ou juste de passage. Nous sommes aisé-e-s ou à l’aide sociale. Nous vivons seul-e-s ou à plusieurs. Comme toi, nous sommes pluriel-le-s.

Nous aimons ton côté pratique, Malley. Tu nous offres tout et toutes les commodités sont à deux pas. Tu affiches fièrement tes offrandes en lettres majuscules et bariolées. On ne peut pas les louper. Et quelque fois, nous nous imaginons grands citadins! Si seulement tu nous offrais plus de culture, des espaces de rencontre, de la verdure et – soyons fous – des toilettes publiques aussi (le grand citadin a aussi des besoins)!

Mais ne te fais pas d’illusions, Malley – non, nous ne te trouvons pas beau. Tu es trop bétonné, trop rectiligne, trop gris, trop métallique, trop en friche, trop congestionné pour pouvoir obtenir le prix de la beauté. Tu transpires aussi la testostérone, Malley. Tu stationnes des hommes ici et là, tu les régurgites dans certaines rues, à certaines heures, tu les stockes dans les PMUs et les bars du coin. En somme, tu oublies parfois la moitié d’entre nous.

Alors même si notre attachement est réel, Malley, il te reste encore des efforts à faire pour nous combler.  »

www.EdWige.ch

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