Quelle participation pour le futur quartier de Malley?

by jeudi, 10 janvier 2019 / Catégorie :Conférences

Vaste friche industrielle au carrefour des communes de Prilly, Renens et Lausanne, la plaine de Malley est vouée à une transformation urbaine d’envergure: projet urbain ambitieux et durable, arrivée de milliers de nouveaux habitant.e.s et de nombreux commerces, nouvelle centralité à l’ouest de Lausanne, avec des places, des espaces verts, une école, une maison de quartier…

Le but de la matinée était de rassembler divers acteurs pour réfléchir ensemble aux différentes questions pouvant se poser dans le cadre d’une telle opération en terme de participation :

  • Comment accueillir les futur.e.s habitant.e.s et commerçant.e.s au sein du contexte existant ?
  • Comment et dans quelle mesure intégrer les futur.e.s habitant.e.s et la population alentour au projet urbanistique ?
  • Comment accompagner les années de chantier à venir dans une perspective de qualité de vie pour la population présente ? Etc.

La matinée a commencé par une introduction au projet urbain à Malley par son chef de projet, M. Nicolas Wisnia, urbaniste engagé par les Villes de Prilly et Renens. Une équipe d’étudiant.e.s en formation continue a ensuite présenté le résultat intermédiaire de leur terrain en cours sur Malley. L’occasion d’un autre regard sur le quartier.

Pour nourrir la réflexion et l’inspiration, différent.e.s invité.e.s ont fait l’écho de leur pratique et expériences dans d’autres contextes.

Mme Joëlle Tharin, déléguée à l’intégration à la Ville de Renens et Mme Giovanna Laffranchi, chargée de projet pour les villes de Renens et Chavannes-près-Renens, ont rapporté l’exemple du contrat de quartier intercommunal (CQI), particulier et novateur, justement de par sa dimension intercommunale.

Philip Schweizer de l’Association du Vallon a présenté les démarches exemplaires qui ont pris place dans le quartier du même nom.

David Gabriel Bodinier des Ateliers populaires d’urbanisme de Grenoble est venu parlé des méthodes utilisées, dans leur démarches : le community organising et l’Advocacy Planning.

Enfin, en échos à ces présentation Philippe Solms de l’Association Ecoquartier a mis en avant certains points éclairants quant à la problématique, en lien avec la démarche qui a eu lieu pour la future maison de quartier des Bossons dans le nord de Lausanne.

 

I. Présentation du projet Malley

Enregistrement des interventions : partie I

 

La vision de M. Wisnia, chef de projet (I : 0’00’’- 11’11’’)

Objectif  : création d’un centre urbain durable et de qualité sur 4 sites :

L’ensemble est mixte avec 60% de logement et 40% d’activités

  • Centre sportif au nord (en chantier, patinoire et piscine olympique)
  • Plan partiel d’affectation (PPA) Viaduc avec le centre Malley lumière qui accueillera 2 bâtiments hauts – seul site uniquement sur Prilly
  • Plan de quartier (PQ) Malley Gare qui a fait l’objet d’une votation populaire dans la commune de Prilly, en phase de concours d’architecture par les CFF, principal propriétaire
  • Plan de quartier Malley Gazomètre, le plus grand, sur lequel on trouvera la plus grande concentration de logement avec 70 % de logement. Un bâtiment haut, un grand parc. Volonté de faire une école intercommunale, une maison de quartier et un APEMS (accueil pour enfants en milieu scolaire). Le théâtre Kleber Méleau et la chapelle vont également rester.

Quelle démarche participative pour la suite du projet, pour la phase de réalisation ?

Il n’y a actuellement pas d’habitant.e.s sur place, mais le projet du parc, qui concerne aussi les habitant.e.s alentour, pourrait faire l’objet d’une démarche participative.

Il y a un accord important avec les propriétaires fonciers (Ville de Lausanne et CFF) qui sont d’accord d’informer et de faire participer les futur.e.s habitant.e.s à la définition des espaces extérieurs et des communs des bâtiments.

Les pistes de participation sont donc sur les espaces publics majeurs pour une population plus large et sur les espaces ouverts ou communs à l’échelle des îlots, où les propriétaires sont d’accords de faire des démarches participatives.

Autres accords entre communes territoriales et propriétaires : l’ensemble des 4 sites pourraient accueillir 4000 habitants et emplois. 2500 habitants dans 1100 logements dont 700 sur le PQ Gazomètre. Le propriétaire Ville de Lausanne est d’accord de donner un droit de superficie pour des logements d’utilité public subventionnables (la décision de subvention appartient à la commune territoriale), ainsi que pour des logements à loyers contrôlés.

Tout ça reste à concrétiser, mais les objectifs sont partagés par les communes et les propriétaires.

Document de présentation

Plus d’infos sur les chantiers de Malley : http://www.renens.ch

 

La vision d’une équipe en formation continue : Stéphanie Apothéloz, Olivier Bays, Eric Chevalier, Florence Ineichen (I : 12’00’’-36’50’’)

 

L’équipe !

L’équipe qui présente les résultats intermédiaires de son terrain sur Malley est en formation continue au sein du CAS (Certificate of Advanced studies) « Projet urbain et pouvoir d’agir ». Proposé par la haute école sociale de Genève, le CAS rassemble un public interprofessionnel. L’équipe qui travaille sur Malley comprend un policier, un travailleur social, une professionnelle de la communication et une coordinatrice culturelle.

La friche étant très peu occupée, ou par des gens de passage, la première démarche a été la rencontre avec divers acteurs professionnels de la friche : responsable du Schéma Directeur de l’Ouest Lausannois (SDOL), le chef de projet M. Wisnia, un pharmacien, un restaurateur, un commerçant de détail, les animateurs de la maison de quartier Malley-Montelly.

En l’absence des futurs habitants, l’équipe a eu envie d’aller vers les gens qui étaient là, les habitants actuels, ceux qui vont vivre la transformation du quartier. Envie de donner la parole aux sans voix, aux gens qui vivent dans les alentours du futur quartier et qui ne fréquentent pas les séances d’information. Les quatre étudiants sont donc allés à la rencontre directe de la population à l’aide de matériel très simple et minimaliste, du type panneau en carton. Pendant l’été ils ont effectué 7 présences de rue d’environ 3h dans différents lieux du quartier et rencontré plus de 150 personnes. Les premières présences visaient à évaluer le projet sur la friche, le niveau de connaissance de la population et son ressenti au sujet du projet. Il a ensuite été question de s’éloigner un peu du projet pour se concentrer sur la qualité de vie et les envies dans le quartier existant de Malley.

Cette démarche au contact direct de la population a permis d’atteindre les gens qu’on ne voit pas aux séances d’information mais qui discutent volontiers un moment sur le trottoir. Si les envies étaient assez classiques et attendues (plus de nature et de convivialité, des logements abordables, moins de voitures), cette proximité leur a permis d’identifier, de manière moins attendue, un réel sentiment d’appartenance au quartier de Malley par les gens qui y vivent. Et il semble primordial de prendre en compte ce sentiment pour penser la couture entre le futur quartier et l’actuel, pour prendre soin de cette future co-habitation.

L’autre grande question qui se révèle aussi centrale dans la réflexion est celle de l’intercommunalité. Une intercommunalité à tous les niveaux. Au niveau des communes territoriales de Renens et Prilly, mais aussi avec la Ville de Lausanne, propriétaire foncière et commune limitrophe directe. Au niveau de la coordination entre les Services de la jeunesse et maison de quartier. Au niveau des commerces et des loisirs. Prendre la difficulté des gens à identifier clairement les limites communales comme indice pour penser le futur quartier.

Le rapport final de leur terrain est téléchargeable ici !

Plus d’infos sur la formation : CAS projet urbain et pouvoir d’agir: cas-projets-urbains-et-pouvoir-agir

 

Le point de vue de M. Alain Gilliéron, Syndic de la commune de Prilly (I : 36’58’’-47’47’’)

Gilléron remercie l’équipe de recherche et exprime son intérêt pour leur démarche et ses résultats, dont il n’avait pas eu échos et qu’il découvre avec enthousiasme. Il rappelle néanmoins un certain principe de réalité et cite les nombreux propriétaires (CFF, La SUVA, Real Stone, la Bâloise…) qui interviennent sur le site.

C’est en effet un défi pour les communes territoriales de prendre en compte les demandes citoyennes et les volontés des investisseurs. Mais il est important de faire comprendre aux propriétaires et investisseurs qu’il y a des attentes.

Il souligne la difficulté de nouer les désirs de tous les acteurs, et souhaite rester attentif à ce qui existe et qui mérite de rester. Il pose néanmoins la question de jusqu’ou intégrer le point de vue citoyen. Il rappelle qu’il y a des impondérables de planification pure. Le plan de quartier et le résultat du concours d’urbanisme (grands axes, emplacement et hauteur des bâtiments) sont figés. Il faudra trouver où intervenir à l’intérieur de ça.

Il rajoute qu’on va créer une nouvelle ville, une nouvelle façon de vivre, et que ce serait mentir que de dire aux gens qui aiment le quartier tel qu’il est que la vie de quartier de va pas changer.

Quant à son invitation à une rencontre également avec les propriétaires, les organisateurs ajoutent que Les CFF et la Ville de Lausanne ont malheureusement décliné l’invitation à cette matinée.

 

II. D’autres pratiques et expériences pour enrichir les démarches sur Malley

 

Enregistrement des interventions : partie II

 

Contrat de quartier intercommunal Renens – Chavannes-près-Renens (II : 0’00’’-14’40’’)

 

Joëlle Tharin, déléguée à l’intégration de la Ville de Renens rappelle que le contrat de quartier intercommunal s’inscrit dans le programme d’intégration communal, lui-même subventionné par le Canton et la Confédération. Il relève du domaine du vivre ensemble et de la cohésion sociale.

Etabli en collaboration avec l’association Droit de Cité, il rassemble les habitant.e.s d’un quartier à cheval sur deux communes : Renens et Chavannes-près-Renens, avec cette particularité que c’est le premier contrat de quartier sur deux communes en Suisse, et probablement en Europe. Ceci engendre des enjeux différents et des difficultés, mais aussi des espoirs et potentiels nouveaux.

 

Mme Giovanna Laffranchi, chargée de projet du contrat de quartier

Le projet de quartier a été initié en 2014 avec un premier diagnostique terrain porté par l’association Droit de Cité qui a amené au choix du site situé autour de la gare. Le choix d’un site intercommunal est donc le résultat de ce premier diagnostique.

Le contrat de quartier est officiellement et concrètement lancé le 6 octobre 2016 avec un safari urbain pour découvrir le quartier autrement, ainsi qu’une conférence de quartier (phase 1).

La phase 2, est en cours (septembre 2017) : diagnostique partagé et mise en place d’actions.

L’enjeu de cette phase est d’associer les habitant.e.s, au-delà du simple partage d’avis. Mais quand il s’agit que les habitant.e.s s’organisent pour réfléchir et décider ensemble, le travail est plus compliqué et prend du temps. Cela passe par l’organisation d’activités pour rendre la démarche visible – que les habitant.e.s se sentent représenté.e.s et puissent avoir leur mot dire. Des actions simples : la première conférence de quartier qui a présenté la phase diagnostique ou des séances de rencontre avec les habitant.e.s. Ces rencontres on amené à la mise sur pied de premiers ateliers, avec les habitant.e.s intéressé.e.s, autour de demandes concrètes :

  • vie de quartier – événements conviviaux
  • aménagement urbain – sur la base d’observations, cheminement piéton, trafic
  • liens intergénérationnels

Bien que, comme à Malley, les habitant.e.s se sentent appartenir au quartier plus qu’à leur commune respective, Mme Laffranchi relève l’enjeu de mettre ensemble les préoccupations des habitant.e.s des 2 communes : préoccupation autour de la sécurité et du bruit à Renens, désir d’intégrer une nouvelle centralité à Chavannes

Elle relève également ses préoccupations autour de la participation. Un CQ c’est un partenariat qui se veut constructif entre les habitants et la commune, et qui favorise l’échange et la communication. Sur les 2600 habitant.e.s du quartier – une dizaine de personnes sont engagées dans le groupe de quartier. Comment susciter plus de participation et la fidéliser, sans épuiser le petit groupe engagé ?

Pour l’organisation du CQ , le rôle de la chargée de projet est de faire remonter les informations, pour que les habitant.e.s puissent exprimer ce qu’ils souhaitent et se sentir partie prenante. Mais c’est le groupe de quartier qui est le porteur proprement dit du projet.

Régulièrement, le groupe de quartier rencontre le groupe stratégique, constitué de représentantes municipales et de représentant.e.s des administrations des 2 communes. Sur un mouvement de va et vient, l’objectif est d’initier de petites actions qui ont une grande importance pour créer cohésion dans le quartier, pour mieux y vivre dans le quartier et donner envie de s’y installer.

La 2ème conférence de quartier aura lieu le 20.09.17

Pour donner envie, il faut montrer qu’on fait des choses !

Téléchargez la présentation

Les actualités du CQ sur : https://www.facebook.com/CQIntercommunal/

 

 

Philippe Schweizer – Association du Vallon (II : 14’53- 23’03’’)

La démarche participative dans le quartier du Vallon dure depuis 8 ans.

L’origine de la démarche était la démolition de l’ancienne usine d’incinération, qui a donné lieu à une friche et à un plan partiel d’affectation (PPA) pour la création d’un nouveau quartier ou d’une nouvelle partie du quartier.

Le Vallon est un quartier post-industriel, peu entretenu. Jusqu’ à peu d’années en arrière une pénétrante routière devait y arriver depuis la Sallaz. Avec les démolitions prévues, peu de travaux ont été entrepris, notamment sur le bâtiment emblématique des anciens magasins de la Ville. L’urbaniste en charge à l’époque a souhaité faire une démarche participative. Cette démarche a été co-construite avec les habitant.e.s par la mise en place d’un groupe de suivi, force de conseil et d’expertise du territoire, constitué de différents acteurs et usager.e.s du quartier (institution sociales, théâtres, groupe de quartier qui organisait des événements).

Cette démarche a été extrêmement riche et les principaux enseignements qui en sont sortis sont le besoin de revaloriser le quartier existant, et de le faire évoluer pour viser une cohérence d’ensemble au moment de l’arrivée du nouveau quartier.

Tout au long de la démarche le groupe de suivi s’est réapproprié le processus et est devenu réellement co-porteur du projet, partenaire de la Ville de Lausanne également propriétaire – ce qui est un avantage certain.

La démarche participative a donné lieu à 45 objectifs, et ils sont en train de faire en sorte les réaliser les uns après les autres dans le quartier existant. Par exemple, la revalorisation des anciens magasins de la ville coûterait des millions d’investissement. L’avantage de cette démarche est qu’elle favorise le qualitatif, le progressif, le participatif et permet d’améliorer les choses par petites touches. (autres objectifs en cours : place de jeu, fermeture de route, place à s’approprier…)

Le PPA n’est pas encore en vigueur et il reste donc encore beaucoup à faire.

Dans la perspective de Malley, Philip Schweizer retient 3 points importants :

1. On a une friche, un objet urbanistique, mais qui s’insère dans un contexte, une histoire, avec des habitant.e.s, des usager.e.s qui ont une expertise, une vision, des envies et des attentes

2. le diagnostique ne suffit pas. Ca ne suffit pas de tenir compte du tenir compte du contexte pour planifier un nouveau quartier. Le développement doit se faire en parallèle, en cohérence pour éviter le fossé potentiel avec l’existant.

3. Il est important que les habitant.e.s et usager.e.s agissent sur le processus de planification. Il y a des habitudes, des standards, des modes opératoires de planification urbanistique complexes (concours…), et si on laisse ce processus se faire au sein de l’administration, le projet sera sans doute bon, mais il ne prendra que peu en compte le contexte, la dimension qualitative, intégrative des petites choses qui peuvent vraiment améliorer un projet. Il insiste sur l’importance d’un processus itératif, d’aller retours entre la Ville et les habitant.e.s  à travers une plateforme de collaboration qui permet de suivre le projet sur le temps long de l’urbanisme. Pour optimiser le projet, ne pas oublier les espaces vides, car en réfléchissant en amont aux espaces publics, ouverts, partagés, ça permet de réaliser quelque chose de beaucoup plus cohérent et riche pour les futur.e.s habitant.e.s.

Association du Vallon: http://quartierduvallon.ch

 

David Gabriel Bodinier, sociologue urbaniste, activiste dans les questions de droit à la ville et de droit au logement – Ateliers populaires d’urbanisme, Grenoble (II : 23’19’’-41’00’’)

David Gabriel Bodinier est actif dans le quartier de la Villeneuve à Grenoble – quartier conçu en 68 et emblématique de comment la ville a été pensée à cette époque-là, notamment autour des réflexions du philosophe Henri Lefebvre. C’est un ensemble qui rassemble aujourd’hui

15’000 personnes, 4000 logements dont 48% de logements sociaux, des équipements et un parc de 14 hectares conçu par le paysagiste Michel Corajoud.

Il est actif dans ce quartier depuis plusieurs années dans le cadre d’un projet de rénovation urbaine, de transformation de la ville. C’est un cas bien différent de celui de Malley puisque c’est un quartier peuplé avec beaucoup de gens. Même s’il souligne que, comme on l’a vu, autour de la friche il y a bien des habitant.e.es. Il met en garde contre la superposition d’un nouveau projet qui finira, par les mécanismes d’augmentation du prix du foncier et du logement, par venir chasser les habitant.e.s alentour qui ont construit et sont attachés à ce quartier.

David Gabriel Bodinier va axer sa présentation sur les questions de méthode en présentant 2 méthodes, ou organisations des habitants, auxquelles ils ont eu recours à la Villeneuve et qui permettent d’éviter certains écueils de la participation (toujours les mêmes qui participent, difficile de faire venir les gens aux réunions, de toute façon à la fin les propriétaires font ce qu’ils veulent…)

La première méthode proposée est le community organising développée par le sociologue Saul Alinski (Chicago).

La community organising vise à organiser les habitants pour qu’ils créent eux-mêmes des organisations et qu’ils soient à l’origine de l’émergence de leurs problématiques et leurs intérêts dans l’agenda public, qui est lui même planifié par ceux qui sont le mieux organisés. La problématique historique et classique est ainsi « Comment les pauvres peuvent s’organiser alors qu’ils ont moins de ressources et des temps ? »

Il faut un acteur, ou un organisateur qui organise les habitants. On ne part pas de nos problématiques à nous, mais des leurs. Ca nécessite un diagnostique fin, car c’est difficile de mettre en boîte un diagnostique, la réalité des vies est trop complexe et riche pour rentrer dans un tableur excel.

Ca passe par un travail relationnel tissé sur la durée avec des groupes sociaux qui sont déjà organisés par des réseaux relationnels (religion, famille). Quand on a trouvé les groupes, il faut identifier les leaders sociaux, qu’on cherche à former pour qu’ils deviennent agent de l’organisation des habitant.e.s. Ceci correspond au premier des 4 étapes résumées succinctement ici :

  1. immersion
  2. Formation des leaders sociaux
  3. Organisation de campagne par ces leaders sociaux pour rendre visible les problématiques dans les agendas public
  4. négociation

A la Villeneuve ça a amené à créer un atelier populaire d’urbanisme qui rassemble 500 personnes sur 15’000 habitant.e.s qui ont élaboré leur propre projet de transformation. Ce projet n’est pas LE projet et n’a pas pour vocation de remplacer le projet officiel, mais leur projet exprime comment eux se projettent, comment il veulent, comment ils imaginent transformer la ville.

Cette dernière étape amène au deuxième axe méthodologique, celui de l’Advocacy planning développé par Paul Davidoff planificateur américain. Dans le prolongement des travaux d’Alinski, il a imaginé une planification pluraliste en partant du postulat que ce n’est peut-être dans l’intérêt de personne qu’il n’y ait qu’un seul plan d’urbanisme figé, qui serait amené à réguler la ville. Peut-être faudrait-il plusieurs plans d’urbanisme élaborés par plusieurs groupes et autour desquels il peut y avoir négociation. Mais la négociation entre la parole quotidienne, expérientielle des habitant.e.s et le niveau de technicité d’une agence publique est inégale. Comment alors faire peser la parole quotidienne dans un projet urbain ? Par sa mise en forme dans une planification urbaine qui inclut des paroles expérientielles et les désirs des habitant.e.s, pour permettre une négociation. On ne dit que la vision des habitants est la meilleure, mais mettre côte à côte différents plans de quartier comme base de débat permet d’arriver à un projet meilleur.

Ces démarches ne visent pas seulement à mieux produire la ville. Elles visent également à répondre à des situations dans lesquelles on est tous embarqués, en tant qu’espèce humaine : le changement climatique et les besoins de transformation socio-politiques qui pourraient nous permettre de répondre aux enjeux de demain. La ville est une échelle qui permet la transformation. Les Etats ne vont pas assez loin, mais les villes peuvent le faire à travers le logement, les transports, l’économie.

Le projet de community organising et d’advocacy planning a amené un réel changement socio-politique dans la ville de Grenoble depuis 2014 – avec l’élection d’une coalition avec des écologistes, différents partis et des citoyens. ceci mène à un degré plus important les transformation et Grenoble est en véritable transition.

Ce phénomène est aussi à l’œuvre dans des villes comme Barcelone, Madrid, Naples, Philadelphie, Berkeley, qui essaient de participer à ce changement.

A partir de petites choses dans les quartiers, sur les questions urbaines, on peut transformer le rapport des gens à la démocratie

D’ailleurs le courant qu’on appelle aujourd’hui municipalisme semble un mouvement prometteur des transformations à venir.

A suivre, atelier proposé dimanche sur le municipalisme : https://alternativesurbaines.ch/conference-barcelone/

Atelier populaire d’urbanisme de Grenoble: http://assoplanning.org

 

Philipe Solms – Association Ecoquartier – Future maison de quartier des Bossons-Plaines du Loup (II : 41’40’’-47’40’’)

Philippe Solms se propose de ne pas développer tout le processus réalisé mais de présenter quelques points spécifiques qui pourront nourrir la suite de la réflexion.

Intervention de Philippe Solms (Ecoquartier)

La future MQ est prévue sur d’actuels terrains de sport, entourés de quartiers qui comptent actuellement 6000 habitant.e.s. Sur ces terrains de sports est prévu un écoquartier avec 9000 habitants et 3600 emplois – c’est un projet énorme à l’échelle de Lausanne, plus important que Malley.

Actuellement il existe un petit centre de quartier aux Bossons, un des quartier alentour, où s’est révélée depuis plusieurs années l’inquiétude des habitant.e.s par rapport à tous ces changements. A leur demande, l’Association Ecoquartier (AE) a d’abord fait de l’information sur ce que représente un changement urbain ou un écoquartier. Avant de mettre en place, à la demande de l’administration, et toujours en collaboration avec le centre de quartier, une vraie réflexion, bien en amont sur la place de la future maison de quartier.

L’AE et le centre de quartier a planché dessus et proposé une démarche qui a été acceptée dans ses grandes lignes.

 

Très vite, avec les animateurs, ils sont arrivés à la conclusion qu’il fallait trouver des gens qui habitent alentour pour voir comment eux ils imaginent une démarche participative pour imaginer une future maison de quartier. Il était important de réunir aussi de futur.e.s habitant.e.s de l’écoquartier par le biais des coopératives pour créer un collectif. Philippe Solms insiste sur le format du collectif qui ne demande pas d’inscription ou de cotisation, qui est très ouvert et permet de la flexibilité. Le collectif ne se substitue pas à une éventuelle association de quartier, et garantit l’évolutivité, l’ouverture à toutes les personnes qui peuvent s’intéresser au fur et à mesure à ces enjeux-là.

Il souhaitait partager cette organisation sur le mode du collectif, de la manière la plus ouverte possible, et évalue la réussite de ce collectif au fait que la commune de Lausanne a refait appel à lui pour imaginer la participation autour du parc. Il relève que Lausanne est une commune qui par quelques exemples, sait avancer dans la participation. Mais selon les services, la culture de la participation n’est pas partagée. Cela implique donc un co-apprentissage à tous les niveaux : du côté des habitant.e.s mais aussi des gens du terrain et de l’administration, qui peuvent avoir des modes de fonctionnement divers quand plusieurs services sont concernés, comme c’est le cas pour ce futur écoquartier des Plaines du Loup.

Association écoquartier: http://ecoquartier.ch

 

 

III. Atelier pour enrichir les futures démarches participatives sur Malley

 

En fin de matinée, l’équipe du CAS projet urbain et pouvoir d’agir ont animé un atelier avec les personnes présentes. L’atelier était mis en perspective des espoirs qu’ils avaient présentés, et surtout des deux thématiques ressorties fortement durant la phase de diagnostic, à savoir :

 

Convivialité : Les personnes rencontrées veulent des espaces et activités simples, pas chers ou gratuits, amusants. Pour toutes les bourses, tous les profils. Les ambiances mentionnées : Grenette, Cafés zürichois, Bains de long de l’Aare ou encore terrasses de bistrots avec place de jeux attenantes…

Intercommunalité : Le quartier Malley « über alles ». Les habitants sont de Malley, avant d’être de Lausanne, Renens ou Prilly. Ils aiment et sont attachés à leur quartier et son côté village. Bien que leur définition du périmètre varie beaucoup, ils se voient comme habitants partageant une réalité commune (géographique et plus !). On sent que Malley est à l’extrémité des trois communes, loin de toute centralité.

L’atelier s’est déroulé en trois temps :

  • Mise en jambe autour des mots-clés
  • Post-it « Opportunités » et « Freins » dans le contexte du projet (résultats).
  • Discussion autour de propositions d’actions

 

 

IV. Synthèse de la matinée

Les pistes à suivre qui se dessinent sont les suivantes :

  • Proposer des réalisations concrètes et participatives
  • Tester maintenant des choses qui pourraient être développées dans le futur quartier et qui répondent aux espoirs exprimés
  • Capitaliser sur le fort sentiment d’appartenance au quartier
  • Survoler les barrières communales (projet de quartier ≠ projet communal)

 

 

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